Les banques des collectivités et les produits structurés
12072008La concurrence entre les banques pour le prêt aux collectivités locales les a progressivement amené à réduire leurs marges sur les produits « classiques ». Elles ont alors trouvé la solution en élaborant des produits appelés « structurés » qui ont le mérite de leur permettre de maintenir leur marge, qui ne peut être recalculée qu’à condition de disposer des outils.
Ces produits ont attiré de nombreuses collectivités puisqu’ils leur permettent d’avoir au moment de la signature du contrat des taux d’intérêt inférieurs aux taux du marché. Ils permettent aux collectivités souhaitant reprofiler leur dette, de le faire sans indemnité et avec un taux d’intérêt, à la signature du contrat, non dégradé par rapport aux taux du marché. Mais tout ceci a une contrepartie : le risque.
Les banques ont ainsi amené les collectivités locales à la spéculation alors que ces dernières n’ont pas le droit de placer leurs excédents de trésorerie (même sur un simple livret A). Il n’y a en effet pas d’autre mot que spéculation lorsque l’on a un taux d’intérêt fonction de l’écart entre les taux long ou les taux courts (produits de pente), et rappelons que depuis quelques mois la courbe des taux est inversé, ou bien entre un ou plusieurs taux de change.
On commence à lire certains articles dans la presse spécialisée dénonçant ces produits et le risque que les banques ont fait courir aux collectivités. Certains ont proposé d’obliger les collectivités à provisionner mais il me semblerait plus simple et sain d’interdire l’utilisation de certains index (taux de change, produits de pente), d’obliger à ce que les produits structurés soient capés (c’est à dire avec un taux plafond).
La courbe des taux inversée est une chance puisqu’elle devrait éveiller les consciences, du moins espérons le. En effet, sur les produits de pente il n’y a aujourd’hui que deux solutions : payer un taux dégradé ou accroitre le risque en prenant par exemple un produit indexé sur un taux de change. Dans ce dernier cas de figure, ce ne sera que reculer pour mieux sauter et le réveille n’en sera que plus difficile.
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